Premier épisode | Épisode précédent
Juste une audace...
Je suis dans la chambre.
Je fais comme si…
Comme si,
Il allait être là ce soir.
Comme si,
J’allais le retenir.
Comme si,
Je savais que je ne savais pas.
Je fais l’enfant,
Retrouver,
Naïveté,
Ignorance.
Se permettre,
Caprice,
Révolte,
Déni de réalité.
Il pousse la porte.
Furieux :
- « Mes chaussures ! »
Je me retourne
Je le provoque.
L’air narquois
Il s’approche.
Un coup de fouet sur mon visage.
La joue qui me cuit.
Une gifle.
- « Tu n’as pas … »
Il me pousse sur le lit.
Me retourne.
Une clef du bras, dans mon dos,
Ouvre la porte à mes larmes.
Je pleure.
Plus de rage, que de douleur.
Mon short qu’il descend.
Le bruit d’une fermeture éclair.
Il crache dans sa main.
Lâche mon bras.
Son sexe qui me pénètre brutalement.
Le poids de son corps sur le mien.
Sa barbe qui brûle ma nuque,
Mon cou.
Mon cri,
Mes pleurs.
Sa main sur ma bouche.
Mes dents marquent ses doigts
Sa main qui tire ma tête en arrière.
Son sexe qui m’oblige à me cambrer.
Son sexe en moi ;
Sans soucis de moi.
Viril,
Brutal,
Animal.
Mon corps souffrant,
Lâche de résistance,
Me trahit,
Se rend,
Collabore.
Me livre à son plaisir.
Ma rage se mêle à sa violence.
Notre lutte commune.
L’expression de notre désespoir.
Mon bassin s’accorde à sa colère.
Ses mains sur mes hanches,
Rythment la mesure de la bataille.
C’est une guerre-éclair,
Puissante et égoïste.
Une offensive ravageuse,
Un pillage du corps
Une mise à sac de la raison.
Une injuste vengeance.
La violence,
Pour exulter la séparation,
Pour préférer l’absence.
Les derniers assauts.
Sa bouche mord mon cou.
Son plaisir rageur m’envahi.
Notre victoire.
Son corps sur le mien.
Encore en moi.
Son souffle court dans mon cou.
Ses bras couvrent les miens.
Ses doigts dans mes doigts.
Nos bouchent se cherchent,
Se trouvent,
S’épousent,
Se pardonnent.
Mon Dieu !
Laissez-le-moi encore …
Il quitte mes lèvres.
Regarde sa montre.
- « Putain ! »
Ses doigts s’arrachent à mes mains;
Mon corps privé du sien ;
Son poids qui n’est plus,
La vie qui me quitte.
Ma peau orpheline de la sienne.
Mon corps écorché,
Sur ma chair à vif,
Son dernier baiser,
Malgré lui,
Jette à poignées,
Le sel de l’abandon.
Les chaussures qu’il enfile à la hâte.
Le blouson qu’il ramasse,
Le bruit d’une fermeture éclair
Le sac qu’il attrape dans le vestibule.
Déjà,
La porte qui claque.
Son pas dans l’escalier.
La palpable absence,
La souffrance du manque.
Subsiste un peu encore
L’odeur de son corps.
Depuis notre étreinte
Je n’ai pas bougé.
Sur le lit,
Champ de bataille,
Devenu terre brulée
Mon corps exsangue,
Mon cœur ravagé,
Gouttent une victoire à la Pyrrhus.
Je ferme les yeux.
Je l'imagine encore
Au creux de moi
Je veux plonger dans son cœur,
Et sa voix,
Me dit tout bas…* *(Pardonne-moi : Mylène FARMER)
Je me lève.
Je vais à la fenêtre.
Le voir partir.
Encore une image de lui.
Il courre
Il est loin.
Il s’arrête.
Mon téléphone sonne.
Je me précipite.
- « Tu me regardes ! »
- « Non.. »
- « Tu ne sais pas mentir ! »
J’arrive à articuler
Je voudrais un ton moqueur.
J’en suis incapable.
- « Je te promets !.....
Je vais m’améliorer … »
J’entends sa respiration,
Rapide,
Saccadée,
Bruyante.
Et puis,
Dans un souffle.
Un coup de fouet
Sur mon cœur.
Une gifle.
La poitrine qui me cuit.
‘Juste une audace,
Pour qu’on s’embrasse un peu
Une friandise
Pour qu’on attise le feu’*
Ses mots :
- « Je t’aime ! »
* ( Nos fiançailles » Nilda Fernandes)
PS / Je dois l’inspiration de cette histoire à la chanson de Calum SCOTT « Please come back home ».Qu’il en
soit remercié même s’il est peu probable qu’il me lise…
NB / Pour la prochaine histoire je suis à la recherche d’un lecteur maitrisant le portugais pour valider Quelques
passages de mon texte. Merci de me contacter par mail. Jules.lefrere.de@gmail.com
Jules
jules.lefrere.de@gmail.com